Quels sont les moyens de transport pour voyager au Brésil: l'avion, le train ou par la route, en voiture ou en autocar?

Voyager au Brésil: en avion, en train ou par la route?

Le Brésil est un pays immense, le cinquième plus grand de la planète, avec des distances supérieures à 4.000 km entre le nord et le sud, l'est et l'ouest. Alors, quels sont les meilleurs moyens de transport pour voyager à l'intérieur du pays: l'avion, le train ou par la route, en voiture ou en autocar?

L'avion


Après les Etats-Unis, le Brésil est le pays au monde qui compte le plus grand nombre d'aéroports: plus de 2.000 aéroports privés et plus de 500 aéroports publics dont une bonne centaine qui accueillent des vols réguliers. 

Plus de cent aéroports accueillent des vols réguliers

Les capitales d'Etat, les grands centres urbains ainsi que de nombreuses villes situées sur le littoral sont accessibles par la voie des airs.
São Paulo dispose de deux aéroports: Guarulhos, le plus important de toute l'Amérique Latine et Congonhas, dédié aux vols domestiques uniquement. C'est également le cas à Rio de Janeiro: Galeão, aéroport international et Santos Dumont pour le trafic national. Il existe un véritable pont aérien entre ces deux métropoles, les plus importantes du Brésil. De 6h à 23h, un avion décolle toutes les 15 à 20 minutes, principalement des aéroports de Congonhas à São Paulo et de Santos Dumont à Rio. Le temps de vol est d'environ une heure.
En 2025, les aéroports brésiliens ont enregistré 219 millions de passagers dont 190 millions sur les vols domestiques (données ANAC). Les aéroports les plus fréquentés pour le trafic national sont:
  1. São Paulo Guarulhos: 30,4 millions de passagers sur les vols domestiques
  2. São Paulo Congonhas: 24,6
  3. Brasília: 15,8
  4. Belo Horizonte: 12,6
  5. Rio de Janeiro Galeão: 12,1 
  6. Campinas: 12
  7. Recife: 9,4

Trois compagnies aériennes assurent les vols domestiques


Latam, Gol et Azul sont les trois compagnies aériennes qui se partagent le trafic de passagers sur les vols réguliers domestiques au Brésil.  
  • Avec 73,8 millions de passagers transportés en 2025, Latam Brasil est la plus importante compagnie aérienne du pays. L'entreprise fait partie du groupe Latam Airlines, société chilienne présente dans plusieurs pays d'Amérique du Sud. Le siège opérationnel de la compagnie brésilienne est situé sur l'aéroport de São Paulo Guarulhos, premier aéroport du Brésil et d'Amérique Latine. Guarulhos concentre le plus de mouvements de passagers voyageant avec Latam devant l'autre aéroport de São Paulo, Congonhas. Latam fait escale dans 60 aéroports brésiliens.
  • Gol a transporté 60,4 millions de passagers sur des vols domestiques en 2025. La compagnie brésilienne a été fondée en janvier 2001 et ses principaux centres d'opérations sont São Paulo Congonhas, São Paulo Guarulhos et Rio de Janeiro Galeão. Gol dessert 66 destinations nationales.
  • En 2025, Azul a transporté 55,8 millions de passagers sur des vols intérieurs. Créée en 2008, la compagnie se distingue par un fort ancrage régional, desservant plus de 100 localités brésiliennes. Pour assurer cette large connectivité, Azul s'appuie sur trois plateformes aéroportuaires: Campinas, son centre névralgique situé à une centaine de kilomètres de São Paulo, ainsi que Belo Horizonte et Recife.

Le train


Mis à part quelques trains touristiques et les réseaux ferroviaires urbains et suburbains de grandes agglomérations comme São Paulo ou Rio de Janeiro, il n'existe au Brésil que deux lignes de chemin de fer qui assurent le transport régulier de voyageurs.
En 1854, la première ligne de chemin de fer du pays fut inaugurée entre Rio de Janeiro et Petrópolis et au cours des décennies suivantes, plusieurs autres lignes furent construites dans différentes régions du pays, reliant des zones de production agricole et minière aux ports et aux centres urbains. En 1948, le réseau ferroviaire brésilien atteignait 35.600 km. Toutefois, le déclin fut progressif et inéluctable en raison du manque d'investissement pour moderniser et entretenir une infrastructure composée de réseaux régionaux aux normes techniques différentes et gérée par de multiples compagnies indépendantes.
Dans les années 1950, le gouvernement de Juscelino Kubitschek donna la priorité à l'industrie automobile avec l'expansion du réseau routier. De nombreuses lignes ferroviaires déclinèrent ou furent abandonnées et aujourd'hui le réseau d'à peu près 30.000 km est exclusivement dédié au transport de marchandises, mis à part deux lignes régulières pour les voyageurs: le Chemin de Fer Vitória Minas (EFVM) et le Chemin de Fer Carajás (EFC). Ces deux lignes sont gérées par Vale.
 

Chemin de Fer Vitória Minas


La ligne Vitória Minas relie Vitória, capitale de l'Etat d'Espírito Santo, à Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais. Les 660 km sont parcourus en environ treize heures et une trentaine de gares sont desservies. Chaque année, environ 1 million de voyageurs empruntent cette ligne de chemin de fer et tous les jours, un ou deux trains selon les périodes, quittent Belo Horizonte et Vitória.

Chemin de Fer Carajás


Cette ligne ferroviaire relie São Luís, capitale de l'Etat de Maranhão à Parauapebas dans le sud de l'Etat de Pará. Le parcours de 892 km qui comporte 16 arrêts officiels est effectué en seize heures. Le train part de São Luís le lundi, le jeudi et le samedi et de Parauapebas, le mardi, le vendredi et le dimanche. La moyenne de passagers est de 1.500 par jour.

Par la route


Au Brésil, 213.500 km de routes sont asphaltées, soit seulement 12% du réseau routier qui s'étend sur 1.720.700 km. Les autres voies de circulation sont en terre, en gravier ou constituées d'autres finitions précaires. De façon générale, l’état des routes brésiliennes est précaire: il y a beaucoup de nids-de-poule, l'asphalte est irrégulier et la signalisation souvent déficiente. Toutefois, il y a de grandes disparités entre les régions et les réseaux routiers gérés par les autorités fédérales, les Etats ou les municipalités. Le Sud et le Sud-Est sont nettement mieux lotis que le Nord et le Nord-Est et le réseau routier fédéral (les routes sont identifiées par les lettres BR suivies de 3 chiffres) est généralement en bon état. Dans l'Etat de Goiás (Centre Ouest) où je vis, le réseau routier administré par l'Etat local (identifié par les lettres GO) est de bonne qualité tandis que le réseau municipal de la capitale Goiânia est, dans certains quartiers, dans un piteux état. 

Conduite agressive et mauvais état des véhicules

Les problèmes de la circulation routière au Brésil sont surtout imputables à la conduite parfois agressive des brésiliens, sans respect des signalisations, des feux rouges et des limitations de vitesses et au mauvais état de nombreux véhicules. La vétusté et l'état déplorable de certains véhicules en circulation s'expliquent par l'absence de contrôle technique et par le prix prohibitif des voitures. Les modèles neufs les moins chers (ex: Fiat Mobi ou Renault Kwid) sont vendus aux alentours de 80.000 réais (+/- 13.500 euros), soit plus de cinquante fois le salaire mensuel minimum. A titre de comparaison, vous pouvez vous imaginer que la voiture la moins chère vendue en France serait proposée aux alentours de 75.000 euros.
Tous ces éléments contribuent à un taux de mortalité routière trois fois plus élevé au Brésil qu'en France. Pour ceux qui, pour toutes ces raisons, ne souhaitent pas se lancer personnellement dans la circulation, il existe une bonne alternative pour emprunter la route: l'autocar.

L'autocar


Même les petites localités disposent d'une gare routière (rodoviário) et pour autant que le réseau routier le permette, on peut voyager partout au Brésil en autocar. Ces innombrables lignes régulières sont assurées par des compagnies privées agréées. Dans l'Etat de Goiás par exemple, il y en a une bonne trentaine. De l'avis général, les services d'autocars au Brésil sont bien organisés et confortables. Et je peux en témoigner: ces dernières années, j'ai effectué à plusieurs reprises l'aller-retour entre les gares routières de Goiânia et de Brasília (200 km) dans de bonnes conditions de confort (climatisation, siège inclinable et WC dans les véhicules de catégorie executive), en à peu près trois heures. Tous les jours, depuis l'aube jusque tard le soir, plusieurs dizaines d'autocars de différentes compagnies assurent cette liaison.
Ce mode de transport est à recommander pour les voyages de moyenne distance ou pour atteindre des endroits éloignés des aéroports. Attention toutefois, pour les trajets longue distance, le voyage peut devenir interminable et n'est pas moins cher que l'avion. Il faut par exemple plus de trente heures en autocar pour parcourir les 1.200 km qui séparent Rio de Janeiro de Salvador, alors que la durée du vol est de deux heures.