Combien de Belges vivent au Brésil selon les données officielles belges et brésiliennes?  Où vivent-ils? Quid de l'immigration belge au Brésil?

Les Belges au Brésil

Avant de détailler le nombre de Belges résidant au Brésil selon les données officielles belges et brésiliennes ainsi que les endroits où ils vivent, je vais aborder l'immigration belge au Brésil. Si au cours de l'histoire, la Belgique en tant que nation, n'a jamais tenté de coloniser le territoire brésilien, il n'y a pas eu non plus de grands mouvements migratoires de Belges vers le Brésil comme ce fut le cas de ressortissants de nombreux pays européens. 

Une immigration belge très discrète 

Le plus important mouvement d'immigrants belges vers le Brésil remonte au début des années 1960, lorsque d'anciens colons du Congo belge s'établirent dans la région rurale de Botucatu, située dans l'Etat de São Paulo.
Avec l'indépendance du Congo en 1960, près de 90.000 colons belges avaient été évacués. Parmi ceux-ci, de nombreux exploitants agricoles avaient tout perdu et le gouvernement belge devait trouver une solution pour leur permettre de cultiver de nouvelles terres. Avec l'aide des Pays-Bas qui menaient un projet similaire (Holambra) dans ce même Etat de São Paulo, la Belgique fit l'acquisition d'une vaste propriété de près de 100 km2 connue sous le nom de Fazenda Monte Alegre.
Le gouvernement créa des fonds sociaux pour aider la communauté naissante à s'installer et finança de nombreuses infrastructures: une usine d'aliments pour animaux, une rizerie, une fromagerie, une école, des maisons...
Mais ni la culture ni l'élevage n'étaient rentables et les efforts déployés pour fertiliser la terre et pour élever du bétail ont été vains. Les subsides, financements et avances octroyés par le gouvernement belge ont été engloutis en pure perte. Au début des années 1980, malgré de nouveaux investissements, le développement d'une laiterie et d'une brasserie, le village qui compta jusqu'à 400 personnes, se vida progressivement de ses habitants. Aujourd'hui seules subsistent quelques ruines et la chapelle Santo Agostinho.

Avant ce malheureux épisode, plusieurs petites colonies de migrants belges s'étaient implantées au Brésil à partir des années 1840. Le site internet Patrimônio belga no Brasil détaille toutes ces migrations et dresse un inventaire, documents historiques et illustrations à l'appui, du patrimoine belge au Brésil.

Si les Belges ne sont pas parvenus à créer une "Petite Belgique" au Brésil, le projet des Hollandais dont ils s'étaient inspirés lors de l'acquisition de la Fazenda Monte Alegre, a connu une grande réussite.
En 1948 après la seconde guerre mondiale, un groupe de 500 Hollandais a immigré au Brésil et fondé Holambra (Holland America Brasil) dans l'Etat de São Paulo. Au départ, la colonie s'est lancée sans succès dans la production laitière et à partir de 1951 dans la culture des fleurs. Aujourd'hui, la municipalité qui compte 15.600 habitants, est le premier producteur de fleurs du Brésil et le plus grand exportateur de toute l'Amérique Latine. Holambra est officiellement la Capitale brésilienne des fleurs et offre à ses visiteurs un peu de la Hollande à travers son architecture, son artisanat et des manifestations culturelles typiquement hollandaises.

Combien de Belges vivent au Brésil?

Les données officielles belges

En juin dernier, le Ministère belge fédéral (SPF) des Affaires étrangères publiait le chiffre des Belges résidant à l'étranger: au 16 juin 2025, 559.516 Belges vivaient à l’étranger dont 4.141 au Brésil. Le Ministère mentionne "Le Brésil enregistre d’ailleurs une nette augmentation: en 2021, nous ne recensions que 1.826 compatriotes dans le pays."
  • La France maintient largement sa position de pays le plus populaire (156.986), suivie de loin par les Pays-Bas (44.600) et l'Espagne (40.248).
  • En Amérique du Sud, l'Argentine arrive en tête (5.562) devant le Brésil (4.141).
Pour conclure, le Ministère avertit: "Il convient toutefois de garder à l’esprit que les chiffres susmentionnés pourraient être inférieurs à la réalité. Seuls les Belges qui se sont inscrits auprès d'un consulat ou consulat général belge sont comptabilisés."

Les données officielles brésiliennes

Le site internet brésilien OB Migra (Observatoire des Migrations Internationales) permet d'accéder à la base de données SisMigra qui enregistre tous les immigrants autorisés à entrer au Brésil temporairement ou définitivement, à l'exception de ceux qui possèdent un visa touristique.
Fin décembre 2025, 4.643 Belges étaient officiellement enregistrés au Brésil par la Police fédérale brésilienne, 1.512 à titre permanent et 3.131 à titre temporaire. Notons que ce chiffre de 4.643 se recoupe avec les données du SPF Affaires étrangères (4.141) qui ne comptabilise que les personnes inscrites dans les consulats. Cela signifie qu'à peu près 500 belges au Brésil ne sont pas inscrits auprès d'un consulat.
Les résidents permanents belges (75% sont de sexe masculin) vivent au Brésil en grande majorité pour des raisons de regroupement familial. Moi-même je fais partie de ce groupe puisque en 2017, j'ai obtenu un visa permanent du fait de la nationalité brésilienne de mon épouse.
Parmi les 3.131 résidents belges temporaires, 1.628 sont des travailleurs et 1.274, des étudiants.

Top 5 des lieux de résidence des 4.643 Belges (permanents ou temporaires) recensés au Brésil par les autorités brésiliennes (16% vivent à São Paulo et 20% à Rio de Janeiro): 
  • 1.363 dans l'Etat de São Paulo dont 737 à São Paulo
  • 1.178 dans l'Etat de Rio de Janeiro dont 906 à Rio
  • 365 dans l'Etat de Minas Gerais dont à 165 Belo Horizonte
  • 237 dans l'Etat de Bahia dont 80 à Salvador
  • 202 dans l'Etat de Paraná  dont 118 à Curitiba
Top 5 des lieux de résidence des 1.512 résidents belges permanents recensés au Brésil par les autorités brésiliennes (16% vivent à São Paulo et 11% à Rio de Janeiro):
  • 426 dans l'Etat de São Paulo dont 249 à São Paulo
  • 240 dans l'Etat de Rio de Janeiro dont 172 à Rio
  • 142 dans l'Etat de Bahia dont 29 à Salvador
  • 108 dans l'Etat de Minas Gerais dont à 36 Belo Horizonte
  • 89 dans l'Etat de Goiás dont 42 à Goiânia